Historique

Epoque gallo-romaine

Aucun vestige de cette époque n’a été officiellement recensé sur le territoire de la commune. La rareté des toponymes milite également pour une certaine désertification de la région. Toutefois, des ramassages de surface de débris de poterie laisse supposer peut-être l’existence d’un atelier.

Epoques mérovingiennes et carolingiennes

Le toponyme « Souvigny », où s’établit un moulin, est cité en 986.

Bas Moyen-Age

L’émiettement féodal fait place à la naissance de principautés dont la plus puissante n’est pas celle du roi de France, qui ne contrôle dans la région que l’Orléanais, mais celle des comtes de Blois-Champagne, issus de Thibault le Tricheur et de la Maison d’Anjou, dirigée vers l’an 1000 par le terrible Foulques Nerra.

Sceau de Foulques, comte d’Anjou, extrait de H 1773 fol.8 – Archives du Maine-et-Loire
Plus tard, les successeurs de Foulques Nerra ne seront autres, par alliance que les Plantagenêts, rois d’Angleterre.

XII-XIIIe siècles

La limite d’influence entre les maisons de Blois et d’Anjou ondule alors dans notre région et explique la floraison de châteaux construits à cette époque : Lavardin, Beaugency, Mondoubleau, Montrichard, Les Montils.

La France sous Philippe-Auguste (1180)
En 1137, apparaît la première mention latine des Montils : Monticios. En 1144, Thibault IV y construit une « forteresse », sans doute les murs de la ville.. Beaucoup de villes s’entourent de fortifications, surtout pour se préserver des soldats pillards de l’un ou l’autre camp. L’église Sainte Madeleine est citée parmi les possessions de l’Abbaye blésoise de Bourmoyen en 1145.Ainsi les murailles et la porte de notre ville, dont il ne reste que quelques vestiges, sont-elles construites à cette époque.

En 1222, une chapelle est fondée dans son « hébergement » par la comtesse de Blois, épouse de Gautier d’Avesnes.
Jusqu’au milieu du XIIe siècle, les rois de France privilégient l’alliance avec la maison d’Anjou contre les comtes de Blois. Ils renversent cette alliance lorsqu’au temps d’Henri II Plantagenêt, la Maison d’Anjou acquiert une puissance considérable.

Pendant la minorité d’Henri II, Etienne de Blois, son neveu, revendique le trône d’Angleterre, face à Mathilde, femme d’Henri II.
Le conflit ne s’achèvera que sous Philippe-Auguste, à la fin du XIIe siècle lorsqu’après avoir été défait par Richard Cœur de Lion à Fréteval en 1194 (perte des archives du royaume), le roi de France renverse la situation contre Jean Sans Terre (frère de Richard) à la suite de campagnes en Normandie et dans la région.

XIII-XIVe siècles

Désormais, le Berry et la Touraine passent sous le contrôle royal puis, plus tard, à la suite de l’abandon de suzeraineté du Comte de Champagne à Saint-Louis, le Blésois et le Dunois tombent à leur tour dans le domaine royal en 1234.
En 1235, Blois est un comté de la famille de Châtillon avec Hugues Ier
En 1286, construction de la Maison-Dieu des Montils par Alix de Châtillon, morte en croisade. Son cœur serait encore déposé dans les vestiges de la chapelle. Cette Maison-Dieu servira d’auberge et d’hôpital sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.

En 1301, Philippe-le-Bel et son épouse la reine de Navarre couchent aux Montils le 9 août.
1326, fortification et reconstruction des Montils. Le comte Gui de Châtillon et la comtesse y séjournent souvent. Ils y possèdent un clos de vignes à « Tue-Bœuf » et donnent à l’Abbaye du Bourg Moyen de Blois des terres situées aux Montils.
Le fief de Conon est fondé en 1334.
1337 : début de la guerre de Cent Ans.
1346 : les Anglais ravagent l’ouest de la Sologne.
1347 à 1350 : épidémie de peste noire qui emporte la moitié de la population.
1356 : « Le lieu des Montils a esté ville fermée, laquelle fut battue dès la prise du roi Jean à la bataille de Poitiers ».
Le château des Montils est démoli sans doute pour le rendre inutilisable aux Anglais. Les Grandes Compagnies ravagent la Sologne.
1362 : Pontlevoy est brûlée
1371 : reconstruction du château.
Accalmie : de 1384 à 1387, Gui de Chatillon séjourne fréquemment aux Montils où il chasse. Les vins des Montils l’accompagnent en Hainaut et en Hollande


Portrait de Guy II, dernier comte de Blois de la maison de Châtillon (1381-1397), d’après un recueil du XVIe siècle conservé à la bibliothèque municipale d’Arras

1397 : à la mort du dernier des Châtillon, Guy II, le comté de Blois et les Montils passent au duc Louis d’Orléans, frère de Charles VI.

XVe-XVIe siècles

1402 : une ordonnance de l’évêque de Chartres témoigne des dégâts occasionnés par les guerres et le brigandage : « …la chapelle et les autres édifices sont tellement détruits et tombés en ruine tant à cause des guerres que par suite des mortalités qui ont duré longtemps en France… »
1410 : la Sologne est mise à sac par les Bourguignons.
1411 : Charles d’Orléans, frère de Louis, séjourne aux Montils.
1415 : les Anglais battent les Armagnacs, le prince Charles est fait prisonnier (25 ans). A la mort de Charles VI, en 1422, il y a trois France : celle des Anglais, celle des Bourguignons et celle du dauphin Charles, réduite, dans la région, à la Touraine, l’Orléanais et l’Anjou.
1420 : Philippe d’Orléans, frère de Charles, reçoit aux Montils Jean, bâtard d’Orléans, comte de Dunois, compagnon de Jeanne d’Arc. La région est dévastée depuis des années par le brigandage, les pillages opérés par la soldatesque de tout bord.
1467 : la mère de Louis XII, Marie de Clèves, entreprend des travaux au château des Montils. Elle commande d’édifier « entre les murs de la grande salle et la muraille de la forteresse, quatre chambres à cheminées, garnies de croisées, huisseries et retraits qui serviront à icelle quatre chambres ». Rien ne subsiste de ces constructions.
1468 : Louis XI séjourne aux Montils.
1497 : Jeanne de Valois, future Sainte Jeanne de France, fait aménager, réparer et agrandir Les Montils pour y recevoir Charles VIII. Louis XII, succédant à Charles VIII, séjourne souvent aux Montils. C’est aux Montils que se déroule la procédure d’annulation du mariage de Louis XII et de Jeanne de France. Louis devra séjourner au château voisin de Madon pendant la période transitoire imposée.
1505 : Louis XII, malade, sera soigné par sa femme Anne de Bretagne au château devenu maison de plaisance en compagnie de leur fille Claude de France.
Louise de Savoie et son fils, le comte d’Angoulême, futur François Ier, sont reçus au château.
De 1505 à 1506, cinq ordonnances royales sont datées des Montils. En 1516 et 1519, séjours de Claude de France, reine de France, duchesse de Bretagne et comtesse de Blois.
1524 : Claude de France meurt : c’est la fin des visites royales. Les Montils resteront toutefois renommées pour ses vins puisqu’en 1540, François Ier fait retenir toute la récolte…La dernière mention de ces vignes royales remonte à 1585, sous Henri III. Les guerres de religion donnent lieu à un renforcement défensif du site, avec création d’un bastion mais un épisode décisif provoque l’incendie du château qui ne se relèvera pas de ses ruines.
Au XVIe siècle, de nombreux fiefs sont fondés : les Belonnières en 1515, Rostain en 1518, Rozay en 1540, la Garenne en 1557, les Bordes et la Morinière en 1590.

Du XVIIe siècle à nos jours

Le château est démoli en 1675. En 1681, A. Félibien écrit : « Tout le bourg a été ruiné par les huguenots et il ne reste du château que les murailles presque toutes abattues, car, comme le reste des édifices tombait dans une entière ruine , l’on a depuis deux ans achevé de les démolir, on voit seulement les fossés qui l’environnaient avec un bastion du côté du midy et la tour qui estoit au milieu du château »

Les Montils au XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, d’autres fiefs sont fondés : la Cartésière et les Cormes en 1610, Frileuse en 1615, Belair en 1625, Plaisance en 1632.
1661-1662 : grave famine dans le Blésois.
1697 : Louis XIV vend aux enchères la seigneurie des Montils à un gentilhomme, Charles de la Vallée. Le bourg sombre dans l’oubli.
1789 : Les Montils comptent 570 habitants et un cinquième seulement de son territoire leur appartient. Le cahier des doléances rapporte ce dont se plaignent ces habitants :
la lourdeur des impôts directs (taille), indirects (taxes sur la circulation des vins et alcools) et des impôts sur le sel (gabelle).
Le mauvais état des routes ;
Les droits d’usage, notamment du droit de pâture en forêt de Russy, qu’ils possèdent depuis cinq siècles et que le nouveau seigneur veut supprimer.

1790 : fête de la Fédération en forêt de Russy ;
1793 : aucun volontaire pour fournir les armées de la Convention
La tour, arasée mais conservée, fait l’objet d’une tentative inaboutie de destruction par la mine.
1847 : la compagnie de sapeurs-pompiers est formée ;
1873 : construction de la nouvelle église ;
1881 : construction d’une école laïque publique de filles ;
1883 : le télégraphe est établi aux Montils ;
1911 : construction de l’usine électrique pour alimenter le tramway de la ligne Cléry-Amboise qui passe par les Montils.


Les installations électriques du tramway

Partiellement écroulée en 1964, une campagne de restauration est menée en 1991.
En 1998, C. Corvisier, dans une thèse soutenue en Sorbonne reprend l’analyse comparative des restes de la forteresse. Il rapproche la tour des Montils de celles de Châteaudun, Marchenoir et Châtillon-Coligny. Pour ce chercheur, « Plus élaborée que celles de Châteaurenault, Fréteval ou Coulommiers, elle a du être dressée dans la seconde partie du règne de Thibaud V, probablement dans les années 1160-1170 au plus tôt. »

 
Ouvrages consultés :
Bulletins de la Soc.d’Hist.Naturelle de Loir-et-Cher, années 1926-1927
Viollet-le-Duc, Encyclopédie Médiévale, 1840-1854
L. de la Saussaye, Blois et ses environs. 1862, Ed. du Bastion.
Sous la dir. d’Y. Denis, Histoire de la ville de Blois et de ses environs.1988 Ed. Privat
Viet J. Pour l’étude archéologique et historique de la frontière ouest de la Sologne.1983, thèse, Université de Tours
Sous le dir. de M. Provost, Carte Archéologique de la Gaule, le Loir-et-Cher.1988
As. Arts et Loisirs. Un village, les Montils.

Félibien A. Mémoires pour servir à l’histoire des maisons royales. 1681
C. Corvisier, Les donjons annulaires, un type architectural anglo-normand ? Thèse (publication en cours) Université Paris 1, 1998

 

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